Avant que j'oublie... Faites-moi penser de vous raconter la joke du Québecois quand on se reverra, ok? Ben non, y a pas que les Belges qui passent au bat, ici. Vous l'écrire ne servirait à rien et vous en faire une vidéo me priverait de vos rires garantis. Alors soyez patients et attendez qu'on se voie, d'accord?
Comme Madame De Choux vous l'a dit dans son billet précédent, on a fait quelques vignobles depuis le début de nos vacances. En fait, on en a fait deux. Je vous étonne? Ça se peut. Je dois vous avouer que j'étais un peu intimidé à l'idée de me pointer dans mon premier vignoble français (pas tout à fait le premier, à vrai dire: j'en avais visité un à Vouvray, en 2000, mais je ne m'intéressais pas autant au vin à l'époque). On était entré dans un premier, à la Cadière d'Azur, mais on en était ressortis après peu de temps; les gens sortaient de là les bras pleins de caisses et je me disais, je vais avoir l'air un peu Ti-Coune si je repars avec une seule bouteille, voire aucune. Nous étions donc ressortis. Pis que cela, on a traversé l'AOC Bandol sans s'arrêter chez un vigneron. J'en frissonne rien que d'y penser.
Le lendemain, à Porquerolles, on a traversé un vignoble à pied. Sans s'arrêter, encore une fois. On s'est pas beaucoup arrêté de marcher cette journée-là, d'ailleurs. Le soir venu, on a soupé à Bormes-les-Mimosas et on a bu un batinse de bon vin; c'est là que je me suis dit "ça va faire le tètage!"...
Lors de notre dernière journée d'escapade dans le Var, on a visité deux vignobles. Le premier, le Château de Jasson était situé non loin du moulin à huile d'olive du même nom. On n'est pas restés là bien longtemps, le temps de goûter à toutes les couleurs, de leur prendre un rosé et de leur dire bebye. C'était chouette. Mais pas autant qu'au Pas du Cerf. Faut vous dire d'entrée de jeu qu'on est arrivés pas longtemps avant la fermeture du midi. Ici, presque tout s'arrête à midi et reprend un moment donné. La boutique du Pas du Cerf fermait à 13 heures et reprenait trois heures plus tard. On se pointe à une heure moins quart, genre. Ça ne nous laissait pas grand lousse, disons.
On est sortis de là vers 13 heures 30, soixante euros plus tard (100$ en kilomètres), avec trois bouteilles, de l'huile d'olive, une terrine et une couple d'autres cossins. Je vais ramener une de leurs bouteilles chez nous. On verra alors si c'est l'effet de la réception ou le vin en lui-même qui m'a poussé à acheter... Visitez-les: http://www.pasducerf.com/
Les Alpes, c'est haut en titi. Et on n'a pas même vu la partie la plus élevée, qui ceinture l'Italie et la Suisse. Dans les montagnes qui nous entouraient, y avait encore de la végétation, des sapins... Mais il fallait quand même traverser des cols et des lacets, sur une route étroite et hostile. Vous serez à même de constater sur la vidéo qui accompagnera, je l'espère, ce billet.
Le soir de notre arrivée, le repas qui nous attendait était frugal, non pas par simplicité volontaire, mais plutôt parce qu'on savait que le lendemain, on se bourrait la face dans la côte de boeuf au barbecue. Soupe au vermicelle, saucissons, un petit rosé... Et le génépi pour la digestion. Le génépi, c'est un alcool fabriqué à partir de la fleur du même nom, fleur qui ne pousse qu'à partir de 3500 mètres dans les Alpes. Pour ceux qui ont vu passer plus d'un alcool dans leur vie, ça a un peu le goût de la chartreuse, mais en plus doux. Pour faire l'alcool, faut distiller l'essence de la fleur et pour ça, ben faut aller la chercher, la maudite fleur. Faut donc grimper, grimper, grimper, puis cueillir, cueillir, cueillir... mais pas trop: le génépi est une espèce protégée. Chaque individu a droit à 25 brins par an. Et avec ce nombre de brins, on fait une bouteille, peut-être deux... On me corrigera.
Dites-moi, quand est-ce qu'on peut se vanter de savoir l'histoire de ce qui se trouve dans notre bouteille, ou dans notre assiette? Où a-t-on perdu ce contact avec ce qui nous nourrit?
Mais y a pas que ça, pour moi, dans cette bouteille. Y a aussi la générosité. C'est quelque chose d'unique, de presque secret à la famille, mais qui est sorti tout bonnement et avec abandon pour le plaisir des hôtes qu'on reçoit. Et ça, c'est très très beau. Je me rappelle mon ami Patrick, qui travaille sur les bateaux et qui me racontait qu'un jour, alors qu'il était reçu dans une famille en Asie, on lui avait offert, en guise d'hommage, un oeuf centenaire. Imaginez-vous un oeuf qui a galéré tellement longtemps dans sa saumure qu'il en est rendu à avoir l'air des poumons sur les paquets de cigarettes... Disons que je suis content d'être tombé sur une famille qui offre le génépi à ses invités.
Allez, on se reparle dans quelques jours.
Monsieur De Choux

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