Je suis sur la terrasse arrière de la Collinette (c'est comme ça que le petit domaine des Carosso s'appelle; les gens nomment leur demeure, ici), je sirote mon café tout en mangeant une petite barre tendre au miel et aux amandes. Je regarde les nuages se battre avec les Alpilles pour obtenir un droit de passage, en vain. On les aime, nos montagnes, elles nous préservent du mauvais temps. Nous, on reste bien emmitouflés dans notre alcôve de soleil. C'est une petite affaire humide ce matin, comme à tous les matins et à tous les soirs, mais ça se tasse quand le soleil prend assez de hauteur.
Dans deux heures, je pars ramasser notre voiture pour le reste des vacances, une Modus. Je suis très content de ne pas avoir eu à conduire le premier jour. J'ai pris les derniers périples pour étudier les us et coutumes des automobilistes niçois. Ça roule vite, la courtoisie est une suggestion, les deux-roues passent où ils veulent (y compris à votre gauche quand vous vous apprêtez à tourner à gauche, clignotant en marche...), le stationnement, c'est parfois deux roues sur le bitume et deux roues sur l'accotement... Sinon, ça marche à la clutch et au gaz, comme chez nous.
Hier, on a fait Villeneuve-Loubet, le village. C'est notre point d'attache pour tout le voyage, chez ma soeur et la famille Carosso. C'est comme un Petit Champlain pas de touristes, c'est adorable. Les maisons ont de l'âge, mais pas trop. Elles sont très peu colorées, les matériaux sont souvent laissés à nu. Tellement que les français se fâchent quand ils voient que quelqu'un a peint les murs de sa maison, probablement parce qu'elle est dès lors plus jolie que les autres... Y a un château, encore habité, tout en haut de la colline. Un marquis veille sur la commune et ses terres. Je vous reparlerai plus tard de comment ses ancêtres ont bien pu éviter la guillotine. Quand j'en saurai plus...
Le soir, on est allé prendre l'apéro à Antibes. C'est chouette, ça aussi. Un peu orienté touriste, mais on ne ferait pas mieux à leur place. Madame De Choux a mangé ses premiers calissons frais du périple, hier. Moi, j'attends de tomber sur des crissons, ou des tabarnacons.
Ensuite, on est rentré. Le reste des salades du midi, des petits farcis niçois, une bouteille de rosé. On fait vraiment pitié à voir.
Aujourd'hui, après avoir récupéré la bagnole (la DeChouxMobile), on va peut-être se rendre à Grasse, peut-être à St-Paul-de-Vence, peut-être à Gourdon. À voyager à coups de peut-être, on vit de surprises en surprises.
Ce soir, les Carosso nous accueillent officiellement, au champagne. Et demain, s'il fait beau, je rends visite à une vieille amie, installée ici avec son mari et ses cinq petits nains de jardin.
Pas à se plaindre, comme vous pouvez voir.

2 commentaires:
J'en ai pas 5 des nains de jardins....malheur.... J'en ai 3 a moi et les autres je me fais payer pour en prendre soin.... Je sais que je suis plus vieille que toi...je l'ai toujours su... De toute facon, beau pas beau vous venez souper chez nous demain....
Ciao
Mad
Salut les De Choux !
C'est madame de Chériboux qui prend des vacances par procuration en vous lisant la bouche entrouverte.
Oui ! Vous avez raison. Vous inspirez la pitié alors je m'offre telle une sainte pour venir à votre rescousse et vivre ces durs moments à votre place.
À bientôt.
Sainte madame de Chériboux au Québec et au travail pour encore 3 semaines.
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